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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/307

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« Oncle Alec, j’ai à vous faire une grande confidence : j’aime Phœbé autant que Mac aime Rose ; permettez-moi d’épouser Phœbé. »

Dame ! M. Alec réfléchit un instant. Mais que pouvait-il penser qui ne fût pas en faveur de la jeune fille grandie, élevée sous ses yeux, par ses soins, aussi bien que Rose elle-même et qu’il aimait comme une seconde nièce ou une seconde fille ? L’oncle Alec n’aimait pas à perdre le temps en vaines délibérations.

« Je crois que nous arrangerons cela, mon garçon, répondit-il bientôt. Il n’y a décidément pas une objection sérieuse à faire à ton désir. »

Mais la sage Phœbé ne permit pas que des choses si graves s’arrangeassent si vite :

« Je suis sans famille comme sans fortune, dit-elle, et M. Archie, s’il ne m’aime pas du plus profond de sa raison en même temps que de son cœur tout entier, pourrait regretter un jour un mariage évidemment désavantageux pour lui. Permettez-moi de m’éloigner de lui pendant un an ; si, après m’avoir perdue de vue pendant cette longue séparation, si, après cette année d’épreuve, il persiste, je... (l’oncle Alec était là tout seul)… je serai bien heureuse d’être sa femme. »

Les nouveaux mariés avaient emmené Phœbé dans leur expédition en Italie ; et le pauvre Archie avait, pendant un an, vécu d’amertume et d’attente. Aussi, le jour dont nous parlons, quand, à la fin du dîner donné en l’honneur des trois revenants, l’oncle Alec se leva, remplit son verre et dit :