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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/291

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comme un essaim d’abeilles suit une jeune reine. Vous avez dû vous apercevoir que vous étiez pour ainsi dire leur centre ?

— Tante Prudence me disait bien l’autre jour qu’avant mon arrivée, les garçons venaient rarement au manoir ; mais je ne croyais pas que c’était moi qui les y attirais, ajouta Rose toute rougissante.

— Vous êtes pour eux une sorte d’aiguille aimantée, reprit le docteur ; une fois que vous serez tournée du côté de tante Clara, ils s’y rassembleront aussitôt, et Charlie se trouvera si heureux avec vous qu’il en oubliera ses dangereuses connaissances. Cependant, si cela vous ennuie trop... »

L’affeciion de Rose pour son cousin fut plus forte que sa timidité.

« Non, non, mon oncle, s’écria-t-elle, j’irai ! Tante Clara ne demandera pas mieux que de me recevoir, car elle m’a déjà invitée à plusieurs reprises. Cela me coûtera un peu, c’est vrai : il va falloir changer de robe deux fois par jour, faire des visites toute l’après-midi et être constamment en grands dîners ; mais je tâcherai de ne pas devenir coquette et de ne pas perdre tout à fait mon temps, et, quand je serai par trop malheureuse, je viendrai me retremper auprès de vous !… »

L’affaire étant conclue, elle fut bientôt mise à exécution. Ainsi que l’avait prévu l’oncle Alec, les sept cousins suivirent leur petite reine, et la demeure de tante Clara devint, au grand étonnement de cette dernière, le rendez-vous du clan des Campbell.