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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/282

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place et je suis prêt à recommencer notre essai. Et, cependant, si vous saviez combien il est difficile de résister aux moqueries des uns et des autres !...

— Je le sais par expérience, s’écria Rose. Ariane Blish me taquine perpétuellement parce que je ne porte plus de boucles d’oreilles.

— Elle vous taquine, c’est possible ; mais au moins elle ne vous dit pas que vous êtes conduite par le bout du doigt, et liée après le tablier d’une femme !... Il en faut du courage pour supporter cela !

— Qu’importe ! Tout le monde s’accorde à dire que vous êtes le plus brave de mes sept cousins.

— Oui, lorsqu’il s’agit d’un danger ; mais je ne peux pas endurer les railleries.

— Pourtant, quand on a raison, on a raison, s’écria Rose ; tant pis si les autres ne pensent pas de même !

— Vous parlez aussi bien que le révérend Archie, répliqua Charlie.

— Chut ! fit sa cousine ; ne vous moquez pas d’Archie. J’imagine qu’il a le courage moral, et vous le courage physique. L’oncle Alec m’a expliqué la différence l’autre jour. Il paraît que le courage moral est supérieur à l’autre.

— Archie n’agirait pas autrement que moi s’il fréquentait Morse et ses compagnons, s’écria Charlie.

— C’est justement pourquoi il les évite, » riposta Rose.

Charlie était battu avec ses propres armes ; ne voulant pas l’avouer encore, il continua :