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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/278

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sa robe blanche frippée par des polkas effrénées, admira ses petits souliers de satin ornés d’une rosette grosse comme un dahlia et fit jouer sur son bras le porte-bonheur en or dont tante Clara lui avait fait cadeau le jour même.

Enfin, Charlie arriva d’un pas languissant et d’un air nonchalant et ennuyé ; il avait les yeux lourds et les joues en feu, et il ne put réprimer qu’à demi une forte envie de bâiller.

« Je pensais que vous étiez avec mère, dit-il à sa cousine, et je crois que je dormais quelque peu. Quand vous voudrez partir, Rosemonde, je suis à vos ordres.

— Vous semblez avoir bien mal à la tête, répondit Rose ; si vous êtes souffrant, ne vous inquiétez pas de moi, je puis parfaitement revenir avec la bonne.

— Jamais de la vie ! s’écria Charlie ; d’ailleurs mon malaise n’est que l’effet du Champagne. Le grand air me remettra.

— Pourquoi buvez-vous du vin de Champagne s’il vous fait mal ?

— Impossible autrement en société, et surtout chez soi.

— Cependant…

— Dispensez-moi de vos sermons, ceux d’Archie sont déjà de trop.

— Je n’ai nulle envie de vous faire des sermons, s’écria Rose blessée du ton que prenait Charlie avec elle. Quand on aime les gens il est tout naturel de les voir souffrir avec peine. »