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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/276

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— Oui, mais voilà le hic : Charlie ne supporte pas la moindre réprimande. L’autre jour, furieux des reproches d’Archie, il l’a appelé « poule mouillée » et « vieux prédicateur. » Archie s’est fâché aussi et lui a dit que cette manière d’agir n’était pas celle d’un gentleman. J’ai vu le moment où ils se prenaient aux cheveux. Ma parole ! cela aurait autant valu que de se tourner le dos comme ils le font maintenant ! Quand nous nous querellons, nous deux mon frère, nous échangeons quelques taloches, et c’est fini. Il est vrai que Mac a un tout autre caractère.

— Quels singuliers êtres que les garçons ! » s’écria Rose.

Stève prit cette exclamation pour un compliment :

« Oui, dit-il en se rengorgeant, nous sommes une assez jolie invention, et vous autres femmes vous seriez bien malheureuses sans nous !… Et cet argent que vous devez me prêter, ajouta-t-il après un changement d’allure on ne peut plus comique, cela vous dérangerait-il de me le donner aujourd’hui ?

— Combien vous faut-il ?

— Vingt-cinq francs. J’ai une petite dette d’honneur très pressante.

— Est-ce que toutes les dettes ne sont pas des dettes d’honneur ? demanda naïvement Rose.

— Les dettes de jeu se payent dans les vingt-quatre heures, mademoiselle, répliqua Stève assez embarrassé de résoudre cette question.

— Oh ! s’écria Rose, vous ne devriez pas jouer de l’ar-