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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/274

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Rose, et moi j’ai le droit de l’exiger, car je suis presque votre sœur à tous, et j’ai charge de vous. »

Stève haussa légèrement les épaules ; puis, entrevoyant le moyen de satisfaire le caprice de Rose à son profit, il ajouta en hésitant légèrement :

« Que me donnerez-vous en échange ?

— Que désirez-vous ? riposta Rose très étonnée.

— Je me trouve à court d’argent en ce moment. — Je ne sais à qui en emprunter, car Mac n’a plus un sou à lui depuis qu’il s’est mis en tête de faire des expériences de chimie qui n’aboutiront qu’à lui casser bras et jambes un de ces quatre matins… Heureusement que vous et l’oncle Alec serez là pour le guérir quand cela arrivera ! ajouta Stève avec un rire forcé.

— Je vous prêterai tout ce que vous voudrez, répondit Rose.

— Donnant, donnant ! Somme toute, il vaut peut-être autant que vous sachiez ce qui se passe ; mais gardez-moi le secret. Ils m’arrangeraient bien s’ils savaient que je les ai trahis ! Voici la chose : Charlie s’est lié depuis peu avec des jeunes gens qui déplaisent à Archie ; notre chef, ayant rompu toute relation avec eux, voulait forcer Charlie à faire de même. Naturellement Charlie s’y est refusé. Depuis lors, ils ne se parlent pour ainsi dire plus du tout.

— Qu’est-ce que c’est que ces jeunes gens ? demanda Rose. Est-ce qu’ils sont mal considérés dans la ville ?

— Pas précisément. Ils sont très gais, pas très travailleurs, et... comment dirai-je ?... un peu écervelés, un peu échevelés, un peu fous ! Ils sont plus âgés que mes cou-