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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/270

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— Ah ! tant mieux, s’écria Rose en battant des mains. Je suis sûre que les parents de Phœbé la réclameront un jour ou l’autre, et qu’elle se trouvera être une jeune fille de grande naissance, comme dans les romans. Il faut qu’elle reçoive une bonne éducation, afin d’être alors à la hauteur de sa position. »

M. Campbell se mit à rire :

« Des faits pareils se produisent bien rarement dans la vie réelle, dit-il ; ne soyez pas si romanesque, ma petite Rose. Il est fort probable, pour ne pas dire certain, que Phœbé ne retrouvera jamais ses parents. Cependant tout est possible, et cette petite Phœbé est au moral et au physique un être si bien doué, qu’il ne serait pas étonnant qu’elle eût dû le jour à des gens sortant de l’ordinaire. »

L’oncle Alec, dans cette dernière réflexion, s’était plutôt parlé à lui-même qu’il n’avait parlé à Rose.

Se levant après un instant de silence :

« J’en aurai le cœur net, se dit-il ; j’ai eu tort de n’y pas songer plus tôt. Il faudra que je m’informe des circonstances dans lesquelles la pauvre Phœbé a été recueillie sous le porche de cette église. »

Puis il ajouta tout haut :

« En tout cas ce serait grand dommage de ne pas développer ses talents musicaux et autres, et, comme elle a en nous de vrais amis, je suis résolu de lui faire donner une éducation qui lui permettra de se tirer d’affaire plus tard, tout en n’étant déplacée nulle part, quel que soit l’avenir que le sort lui réserve.