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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/263

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en arrivant dans sa chambre. Asseyez-vous là, mademoiselle Phœbé, et ne dites rien jusqu’à ce que je sois prête à vous interroger. »

Ce rôle de maîtresse d’école était extrêmement amusant. Rose posa sur une petite table des livres, une ardoise accompagnée d’une éponge neuve, un joli encrier avec une demi-douzaine de porte-plumes, un cahier relié et un globe ; elle tailla des crayons avec plus d’énergie que de savoir-faire, et termina ses préparatifs en exécutant une grande cabriole en signe de satisfaction. Phœbé éclata de rire.

« On ne rit pas, mademoiselle, dit le professeur, qui s’installait gravement dans un grand fauteuil. Lisez-moi une page de ce livre. »

L’élève lut de son mieux quelques alinéas, et, sauf deux ou trois mots écorchés, elle ne se tira pas trop mal de son épreuve.

« Assez ! fit Rose. Passons maintenant à la géographie et à la grammaire. »

Hélas ! les notions que possédait Phœbé en fait de géographie étaient plus que vagues, et, quant aux règles de la grammaire, elle n’en savait pas le premier mot.

« Nous vous apprendrons tout cela, dit Rose sans se décourager. À l’arithmétique, à présent ! »

Cette fois, Rose découvrit, à sa grande stupéfaction, que Phœbé faisait très bien, sans se tromper, des additions et des soustractions et même des multiplications. À force d’étudier les livres du boucher et du boulanger, elle calculait au moins aussi bien que sa maîtresse. Les