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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/260

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mouche. J’ai tant lu aujourd’hui que j’en suis fatiguée. Qu’est-ce que je pourrais faire ?... Ah ! j’y suis !... Je vais aller à la recherche de Phœbé. Elle est toujours de bonne humeur, elle ! Si elle a fini son ouvrage et si Debby n’est pas là pour nous ennuyer, nous ferons des bonbons au caramel. Ce sera pour mes cousins. On dit que les petites filles sont gourmandes, on se trompe joliment, les garçons le sont cent fois plus !… »

Avant d’entrer à la cuisine, Rose prit la précaution de regarder par la porte entr’ouverte si sa vieille ennemie Debby ne s’y trouvait point. Non, il n’y avait rien à craindre de ce côté. Phœbé était seule. Assise devant la grande table de bois blanc et la tête appuyée sur ses deux bras, elle dormait... Mais non, elle ne dormait pas : tout à coup elle releva la tête et du revers de sa main essuya les larmes qui ruisselaient le long de ses joues ; puis, serrant les lèvres avec une expression de défi, elle prit un porte-plume à moitié cassé, le trempa dans de l’encre bourbeuse, et, regardant alternativement ses doigts inhabiles et un petit cahier posé à côté d’elle, elle se mit à écrire sur du vieux papier brun avec une plume qui « crachait. »

Rose suivit tout ce manège avec tant d’intérêt qu’elle en oublia les caramels.

« Il faut que je sache ce qu’a cette pauvre Phœbé, se dit-elle. Pourquoi pleure-t-elle ? Et que fait-elle maintenant ? Est-ce qu’elle a la prétention d’écrire sur du gros papier comme cela ! »

Brusquement la petite fille poussa la porte.