Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/248

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



« Que deviendraient vos yeux malades par ce temps glacial ? lui dit-elle avec raison.

— Mais Rose va avoir froid, maman ! s’écria Mac. Je lui ai dit que j’irais la rejoindre sans faute, qu’elle m’attende jusqu’à ce que je vienne.

— Elle se lassera au bout d’un quart d’heure, dit Mme Campbell.

— Oh ! non, elle attendra longtemps, car elle me l’a promis et elle tient toujours ses promesses. Il doit faire un froid de loup, là-haut, près de la mare.

— Évidemment, votre oncle fera ce que je fais : il l’empêchera de sortir par un temps pareil, et, si, par hasard, il avait la faiblesse de la laisser venir, elle est assez intelligente pour s’en aller, à elle toute seule, en ne vous voyant pas arriver à l’heure dite.

— C’est égal, conclut Mac, je voudrais bien que Stève allât la prévenir.

— Je suis fatigué, » répondit celui-ci, d’un ton qui coupa court aux demandes de son frère.

Mac dut se résigner, et la pauvre Rose l’attendit en vain jusqu’à l’heure du dîner. Elle fit de son mieux pour se réchauffer ; elle patina tant et tant qu’elle finit par s’arrêter essoufflée et toute en transpiration, et que, tandis qu’elle regardait les autres patineurs, elle se sentit pénétrer par le froid. Alors elle tâcha de se remettre en marchant de long en large sur la route par laquelle Mac devait arriver, et, n’y réussissant pas, elle s’appuya contre un sapin pour se garantir du vent et attendit patiemment la venue de son cousin. Elle ne songea pas un instant que