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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/246

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chaud. Si vous portiez comme Rose de la flanelle et des fourrures, vous ne vous plaindriez pas du froid.

— Je vous assure, mon cher Alec, qu’il souffle un vent de nord glacial…

— Rose sort par tous les temps, grâce à ses vêtements de laine, et sa santé ne s’en trouve pas plus mal, au contraire.

— Très bien, jouez avec la vie de cette enfant ; je n’ai pas le droit de m’y opposer ; mais, quand elle sera malade, vous ne vous en prendrez qu’à vous. Sa pauvre mère étant morte de la poitrine, il suffira d’un rhume pour développer chez elle la fatale maladie dont elle porte le germe. »

L’oncle Alec fronça le sourcil, ainsi qu’il faisait toujours à la moindre allusion à ce sujet.

« Vous vous en repentirez, » ajouta tante Myra en s’éloignant d’un pas solennel.

La vérité nous oblige à confesser que l’un des rares défauts de l’oncle Alec était une certaine disposition naturelle à repousser, sans examen, les avis sempiternels dont l’accablaient ses belles-sœurs, trop souvent, il est vrai, sans rime ni raison. Il écoutait toujours ses tantes avec déférence et consultait souvent tante Jessie ; mais les trois autres dames avaient le don de l’exaspérer par leurs questions, leurs plaintes, leurs conseils irréfléchis. Il suffisait qu’elles émissent une idée quelconque pour qu’aussitôt le docteur fût disposé à penser le contraire. C’était involontaire de sa part, et il était le premier à en rire après coup. Ce jour-la, par exemple, en