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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/236

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— Qu’est-ce que c’est ? demanda Phœbé en passant.

— C’est du gui, mesdemoiselles, leur répondit Charlie. En Écosse, le jour de Noël, les messieurs ont le droit d’embrasser toutes les dames qu’ils peuvent attirer de gré ou de force sous un paquet de gui ainsi placé. Nous ferons comme nos ancêtres. Gare à vous, mesdemoiselles ! »

Phœbé haussa les épaules, et Rose dit d’un air de défi :

« Vous ne m’attraperez pas ? je vous en réponds,

— Je parie que si !

Au gui l’an neuf, » interrompit Mac.

Et Rose se mit à fredonner une vieille ballade écossaise commençant par :

« Oh ! le rameau de gui. »

L’incident fut clos.

Dans le courant de l’après-midi, la petite fille prit sa première leçon de patinage sur une mare du voisinage qui semblait avoir gelé tout exprès pour cela. Elle ne fit d’abord que tomber et se relever pour retomber encore ; mais, comme elle était pleine de bonne volonté et qu’elle avait auprès d’elle six grands garçons pour la soutenir et l’aider de leurs conseils, elle parvint enfin à se tenir quelques minutes en équilibre sur ce parquet glissant, et, satisfaite d’un aussi beau résultat, elle se reposa en faisant quelques promenades en traîneau. Chacun de ses cavaliers servants insista pour pousser à son tour le traîneau doré que lui avait donné l’oncle Alec et que Rose, dans son ravissement, avait nommé la Merveille.