Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/235

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



« Ils sont tout à fait à ma taille, » cria-t-elle à sa compagne qui éclata de rire.

Alors, s’apercevant de l’état sommaire de sa toilette, elle joignit son rire au sien et ajouta :

« Je vais me dépêcher de m’habiller pour aller remercier mon oncle.

— Oh ! si vous saviez tout l’ouvrage que j’ai à faire, s’écria Phœbé. Vite, vite, je me sauve ! »

Et Phœbé disparut d’un air si radieux que quiconque l’eut rencontrée eût deviné, rien qu’à la voir, l’heureux jour où l’on était.

Après le déjeuner, les sept cousins arrivèrent chargés d’une telle provision de branches de houx, de sapin et de cèdre, qu’on eût dit une véritable forêt ambulante. De temps immémorial, toute la famille Campbell se réunissait au manoir ce jour-là ; et, après un échange de « joyeux noëls, » chacun se mit à l’œuvre pour décorer la vieille maison. Le grand vestibule, la salle à manger, les salons, prirent bientôt un air de fête sous les doigts de toute cette jeunesse, qui coupait de rires et de plaisanteries son agréable besogne.

« J’ai joliment couru pour trouver ceci, » dit Charlie en attachant au lustre du salon principal une grosse touffe de rameaux d’un vert jaunâtre.

Rose, qui arrangeait avec goût une guirlande de houx au-dessus de la cheminée, se retourna pour voir cette plante extraordinaire.

« Ce n’est pas beau ! s’écria-t-elle. Cela ne valait pas la peine que vous avez prise.