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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/229

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seule de ce squelette me donne le frisson, et je n’y toucherais pas pour un empire.

— Cependant, répondit malicieusement sa nièce, vous souffririez peut-être moins de votre foie, si vous saviez qu’il se trouve à droite. »

Tante Myra s’imaginait que cet organe était placé du même côté que le cœur, et elle se plaignait constamment d’en souffrir ; cette légère erreur prêtait facilement à rire autour d’elle.

« Peu importe l’endroit où l’on a mal, reprit-elle de sa voix la plus lugubre, ce triste monde est pavé de douleurs et arrosé de larmes ; tôt ou tard, il nous faut mourir.

— Évidemment, s’écria Rose, mais pourquoi nous en désoler d’avance ! En tout cas, quand je mourrai, ce ne sera pas sans savoir de quoi, de quelle maladie, je veux dire, et sans avoir essayé de me guérir. En attendant, je serai gaie et je m’amuserai tant que je pourrai, — quand j’aurai bien travaillé, naturellement. Vous devriez faire comme moi ! Voulez-vous venir assister à mes leçons ?

— Grand Dieu, que me demandez-vous là, mon enfant ! répondit Mme Myra en levant les bras au ciel. Allons, je vous laisse à vos études. Ne la fatiguez pas trop, Alec.

— Ne craignez rien, » fit le docteur en refermant sa porte avec un léger soupir de soulagement.

Un quart d’heure après, Mac entra comme un ouragan.

« Quel nouveau jeu avez-vous inventé ? » s’écria-t-il.