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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/223

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douzaine de pendeloques après vous. Laissez-moi fumer en paix, je ne me mêlerai pas de votre conduite.

— Rien d’autre ne vous arrêterait ?

— Rien ! »

Rose se tut. Elle songeait à ce que tante Jessie lui avait dit un jour qu’elle avait sur ses cousins beaucoup plus d’influence que personne. C’était son devoir d’en user pour leur bien. Fallait-il perdre par coquetterie l’occasion qui se présentait de leur rendre service ? Certes non ! Charlie aurait bien dû exiger autre chose, mais qu’importe ! plus un sacrifice est pénible, plus il est méritoire.

« Entendons-nous, dit-elle d’une voix qui eût attendri un tigre. Il faut m’engager à ne plus jamais porter de boucles d’oreilles ?

— Oui ; quand vous retomberez dans vos mauvaises habitudes, je ferai de même. »

D’un geste brusque, Rose détacha ses bijoux et les tendit à son cousin.

« Voila, dit-elle. Je serai fidèle à ma promesse, soyez-le aussi à la vôtre. »

Le jeune homme rougit légèrement. Il plaisantait et ne s’imaginait pas que Rose fût de bonne foi.

« Ce n’est pas sérieux, lui dit-il, tandis qu’Archie s’écriait avec indignation :

— C’est honteux, Charlie. Laissez donc Rose porter toutes les fanfreluches qu’elle voudra, et n’exigez pas d’elle un marché, quand vous reconnaissez en votre âme et conscience qu’elle a raison.