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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/211

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« On ne l’a aidée en rien, répondit-elle. Elle n’a même pas reçu un conseil.

— Je commençais à désespérer de réussir jamais, s’écria Rose. Si vous saviez que d’échecs, lorsque je croyais être enfin au bout de mes peines ! Tantôt la pâte était trop levée, tantôt elle ne l’était pas assez ! L’autre jour elle était trop salée, et la dernière fois Debby a eu la cruauté de laisser brûler toute ma fournée. J’avais complètement oublié l’heure ; elle aurait bien pu me prévenir, puisqu’elle était là ; mais non, elle a prétendu que c’était à moi de m’en occuper.

— Elle avait raison, dit l’oncle Alec, l’expérience est le meilleur maître.

— Aussi, continua Rose, aujourd’hui je suis restée tout le temps à côté du four, si bien que j’en étais moi-même à moitié cuite. N’est-ce pas qu’il est beau, mon pain ?

— Splendide.

— Alors goûtez-le vite pour me dire si sa qualité répond à sa beauté.

— C’est dommage de couper un pareil chef-d’œuvre, fit l’oncle Alec ; si nous le mettions sous globe ?

— Ah ! vous essayez d’éluder votre promesse, s’écria Rose, ce n’est pas bien ! Vous avez sans doute peur qu’il ne soit pas assez bon et vous reculez devant la perspective de le manger tout entier... Tant pis ! vous avez promis, vous vous exécuterez. Tout ce que je puis vous accorder, c’est la permission de le manger en plusieurs jours. »