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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/207

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— Alors, j’apprendrai à faire le pain, je vous le promets.

— Et moi je vous assure que cela me sera plus agréable encore d’avoir un pain fait par vous à me mettre sous la dent qu’une paire de pantoufles à me mettre aux pieds. Le jour où vous m’apporterez un énorme pain de ménage entièrement pétri et fait par vous, je le dévorerai dans une seule séance jusqu’à la dernière miette.

— C’est convenu, s’écria Rose, riant de tout son cœur, ce sera un beau spectacle ! Allons vite demander à tante si elle veut de moi pour élève. »

Tante Prudence tricotait dans son fauteuil, toute prête à se lever au moindre appel de sa sœur malade ou de l’un de ses nombreux petits neveux. Elle accueillit avec joie la proposition de l’oncle Alec. À dire vrai, la vieille dame et sa sœur gémissaient en secret d’avoir si peu de part à l’éducation de Rose. Elles craignaient de perdre de son affection en la voyant aussi peu. Elles n’avaient rien laissé paraître de leur chagrin, car, disaient-elles, « si Alec en a toute la responsabilité, il n’est que juste que l’enfant l’aime davantage, » mais elles en souffraient.

Le docteur Campbell finit par s’en apercevoir ; il se reprocha d’avoir ainsi accaparé sa petite nièce, et il cherchait le moyen de contenter tout le monde, quand le nouveau projet de Rose lui en fournit la possibilité.

La plus heureuse en cette affaire lui encore Phœbé ; la grande cuisine carrelée devint pour elle un lieu de délices, lorsque Rose y eut ses entrées. Quant à l’oncle Alec, il reconnut alors à quel point sa pupille lui était chère. Il