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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/200

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effet, après des recherches assez longues, on découvrit les malheureux minets dans un sac de voyage où ils risquaient fort d’étouffer. On les rendit à leurs légitimes propriétaires, malgré les lamentations de Furet qui alléguait pour sa défense qu’ils s’ennuieraient trop sans leur sœur Boule-de-Neige.

Troisième départ interrompu une fois encore : le panier de provisions avait été oublié à la seconde station qu’on avait faite ; on l’avait mis à part sur la route afin d’être plus à l’aise pour chercher les petits chats, et, si Lizzie ne s’en fût pas aperçue à temps, que serait-on devenu à l’heure du dîner !

Ce fut le dernier accroc ; après cela tout alla comme sur des roulettes.

Enfin on arriva au manoir.

« Je suis sûr que Rose n’est pas contente de revenir, dit alors Mac. Jamais tante Prudence ne la laissera courir les champs comme elle l’a fait à Beauséjour.

— J’y renoncerai de moi-même et pour cause, répliqua Rose à demi-voix. Je me suis foulé le pied en tombant avant-hier ; cela me fait de plus en plus mal, et je vais être forcée de le dire. »

Mac la saisit dans ses bras et l’emporta dans la maison, sans lui laisser le temps de poser son pied malade sur le marchepied de la voiture.

« Si on vous ordonne du repos pendant quelques jours, lui dit-il, ne vous en effrayez pas ; mes jambes sont à votre service, comme vos yeux ont été au mien si longtemps ! »