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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/192

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bon pain, selon l’expression favorite de Debby, il y avait Mme Dove et Mme Snow avec leurs enfants ; mais chacun était si gai que Mac et sa cousine ne songèrent pas à être intimidés. À la campagne on fait vite connaissance. En quelques minutes, la conversation devint générale ; les petites langues allaient un train d’enfer ; mais, grâce à l’appétit aiguisé par l’air des montagnes, personne ne perdit un coup de dent. On fit honneur en conscience à la cuisine de Mme Atkinson. Les animaux à deux et à quatre pattes se mirent de la partie : le cheval vint réclamer du sucre ; les chats sautèrent sur les genoux de tout le monde et parfois même sur la table, sans jamais rien casser, toutefois, grâce à l’adresse naturelle à leur race ; les poulets se permirent de venir picoter les miettes tombées, et il n’y eut pas jusqu’aux canards qui ne firent entendre avec insistance leurs couin-couin-couin, pour demander aussi leur part du dîner.

Nos voyageurs fatigués se couchèrent de bonne heure ; ils ne firent qu’un somme jusqu’au lendemain ; c’était à croire que les matelas de fougère et les draps filés par Mme Atkinson contenaient une poudre soporifique.

Dès le matin suivant commença pour Rose et Mac une nouvelle existence. Ah ! la bonne vie que celle qu’on menait à Beauséjour ! Tous les médecins devraient y envoyer leurs malades. L’air y était si pur et si salubre que les poumons semblaient se dilater en le respirant ; le sang circulait plus librement dans les veines, et l’on sentait en soi comme une vie nouvelle. Du matin jusqu’au soir, on vivait pour ainsi dire en plein air ; on cou-