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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/182

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leva les bras au ciel, puis se coucha sur le tapis comme une personne en proie au plus violent désespoir. Archie, lui, ne fit aucune démonstration ; mais il se jura à lui-même de faire la lecture à son cousin, pendant des journées entières, pour racheter sa faute.

« Relevez-vous donc, Charlie, reprit Rose en repoussant légèrement ce jeune homme du bout de son petit pied. Si vous voulez me montrer votre repentir, je vais vous dire de quelle façon il faut vous y prendre. »

Charlie s’installa docilement sur un petit tabouret, et Archie et Stève se rapprochèrent pour mieux entendre les paroles de sagesse qui allaient tomber des lèvres de cette nouvelle Égérie. Satisfaite de leur attitude respectueuse, la petite fille leur dit sérieusement :

« Si vous avez envie de faire du bien à notre pauvre Mac, gardez-vous d’abord de parler devant lui de tous les jeux qui lui sont défendus ; il ne se lasse jamais d’entendre lire ; faites-lui la lecture à tour de rôle ; tâchez de lui remonter le moral et offrez-lui de l’aider à se remettre au courant de ses études, quand on le lui permettra. Vous vous acquitterez de cela mieux que moi, car les filles ne savent ni le grec ni les mathématiques !

— En revanche, interrompit Archie, elles savent une foule de choses que nous ignorons complètement. Vous nous l’avez prouvé, cousinette.

— Alors, fit Rose avec malice, les petites filles sont parfois bonnes à quelque chose ? »

Charlie, auquel cette allusion était particulièrement destinée, se cacha la figure dans son mouchoir. Stève se