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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/173

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toutes sortes d’occupations agréables, et, en mettant des lunettes bleues, vous pourrez sortir, faire de la musique. Vous verrez que vous ne vous ennuierez pas. »

Mac parut écouter avec intérêt tout ce que lui suggérait le bon petit cœur de Rose.

« Homère et Milton étaient aveugles, » dit-il à demi-voix.

Rose abonda aussitôt dans son sujet.

« J’ai vu un magnifique tableau représentant Milton dictant à ses filles le Paradis perdu, s’écria-t-elle ; si vous vouliez écrire un poème, je vous servirais de secrétaire.

— Si on avait la bonté de me lire mes leçons alinéa par alinéa jusqu’à ce que je les aie retenues, continua Mac, je ne perdrais pas complètement mon temps.

— Vous pouvez compter sur moi, s’empressa de dire sa cousine ; dès que le docteur vous le permettra, je me mettrai à votre disposition.

— Je lui demanderai à sa prochaine visite de m’apprendre au juste ce qu’il en est, dit Mac, d’un ton décidé. Dieu ! quelle folie d’avoir tant abusé de ma vue !... Je me rappelle avoir tellement lu que les caractères des livres dansaient devant mes yeux, lorsque je me décidais à m’arrêter ; et, maintenant que je ne lis plus, c’est la même chose, je vois des points lumineux qui tourbillonnent, dans la nuit. Est-ce que les aveugles sont de même ?

— Ne vous tourmentez pas ainsi. Reprenons plutôt notre lecture, cela vous fera oublier un moment…

Oublier ? fit Mac avec un accent d’ironie amère. Je