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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/162

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nous apprécient à notre juste valeur. Rose s’était flattée de conquérir d’un seul coup le respect de ses cousins. Quelle humiliation de n’être toujours pour eux qu’un être sans conséquence, « une petite fille un peu folle ! » Le dévouement sans bornes de Phœbé ne suffisait même pas à la contenter.

Un jour vint pourtant, où, sans la moindre préméditation, Rose obtint tout à fait l’estime, le respect, et, ce qui vaut mieux encore, la reconnaissance de ses cousins, comme elle avait déjà leur affection.

Durant la première quinzaine de juillet, le cousin Mac, toujours distrait, ayant oublié son chapeau un jour de chaleur, attrapa une insolation qui dégénéra en fièvre cérébrale, au grand émoi de son père et de toute la famille. Il fut en danger pendant plusieurs jours ; mais sa jeunesse triompha de la maladie, et chacun se réjouissait déjà de le voir en convalescence, lorsque tout à coup, l’inflammation se porta aux yeux.

Le pauvre Mac était myope au dernier degré, et il avait tant et tant abusé de sa vue en travaillant le matin avant le jour et le soir à la lumière, que ses yeux fatigués étaient plus sensibles que d’autres. On consulta un célèbre oculiste, dont l’arrêt fut si peu rassurant, que personne n’eut le courage de le répéter au malade. En effet, comment oser lui dire qu’on craignait qu’il ne devînt aveugle, lorsque son occupation favorite, son plus grand bonheur étaient de lire ! Le docteur le soumît à un régime sévère et lui ordonna de vivre dans une chambre obscure et de passer ses journées dans une inaction complète. Le pauvre