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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/156

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« Regardez du côté de l’île, regardez vite, Rose, fit l’oncle Mac... Eh bien, qu’en pensez-vous ? »

L’étincelle grandit et devint un vase doré ; puis des feuilles vertes apparurent au-dessus du vase, et une fleur rouge se dessina dans la nuit.

« Oh ! que c’est joli ! s’écria la petite fille. C’est une rose, n’est-ce pas ?

— Oui, mais voyez au-dessous. Qu’y a-t-il ? »

C’étaient des branches très découpées, terminées par une sorte de boule d’un rouge brun.

« Ah ! j’y suis, dit Rose en battant des mains, ce sont les chardons d’Écosse, et il y en a sept, un pour chaque garçon... Oh ! la jolie idée !...

— Oui, mais la rose de feu est pour fêter la venue de notre petite Rose, à nous, ajouta l’oncle Mac, presque aussi heureux qu’elle. C’est mon fils Mac qui en a eu l’idée.

— Voilà que c’est fini ! Quel dommage ! » s’écria Rose.

Le vase, les chardons, la fleur, son homonyme, tout avait disparu dans la nuit.

La barque se trouvait alors si rapprochée de l’île des Campbell que l’odeur de la poudre arrivait jusqu’à ceux qui la montaient, et qu’ils pouvaient distinguer dans l’obscurité des formes noires s’agitant sur le rivage.

« Faut-il vous déposer là, ou vous ramener au manoir ? » demanda l’oncle.

Rose n’hésita pas une seconde :

« Retournons au manoir, répondit-elle vivement, malgré un léger serrement de cœur. Votre « bouquet » et ma