Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/148

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



— C’est évident, fit Charlie.

— Eh bien, continua Rose, promettez-moi tous les deux de n’en souffler mot à personne.

— Comptez sur notre silence.

Bien sûr ? insista la petite fille d’un air solennel.

— Par la lune qui nous éclaire et par les étoiles qui brillent au firmament, nous le jurons ! dirent ensemble les deux cousins.

— Chut ! pas tant de bruit, fit Rose en s’éloignant.

— Quelle singulière petite créature ! s’écria Archie à demi-voix.

— C’est une bonne petite fille ; » répondit Charlie d’un ton protecteur.

Rose avait l’oreille fine, elle entendit ces deux réflexions.

« Ah ! c’est ainsi que vous me traitez, se dit-elle avec indignation. Une petite fille ! En vérité, à vous entendre on croirait que je sors de nourrice. Je vous prouverai demain que je ne suis plus une enfant ! »

Le lendemain, le lever de l’aurore fut salué par un coup de canon venant de la ville de Newport qui célébrait le 4 juillet, anniversaire de la déclaration de l’indépendance des États-Unis. Charlie riposta aussitôt en faisant partir un pétard, exactement à l’entrée de « la tente des dames. » Rose, éveillée en sursaut, s’habilla en dix minutes et vint rejoindre ses cousins déjà prêts à partir. Comme ceux-ci ne devaient faire qu’aller et revenir, l’oncle Alec ne fit aucune difficulté pour permettre à sa nièce de les accompagner.

Au départ, Rose envoya un dernier adieu à l’île et à ses