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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/147

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Le spectacle fut clos par un grand ballet exécuté par les naturels d’Otaïti. Aux hurlements que poussèrent ces derniers, les mouettes du voisinage s’envolèrent à tire-d’aile, et l’oncle Alec vint savoir ce qui se passait. Rose riait à se tordre, et elle avait si bien épuisé ses termes d’admiration, qu’elle ne trouvait plus de mots assez expressifs pour remercier ses cousins.

Un nouveau plongeon dans la mer, au moment où le soleil disparaissait à l’horizon, une partie de barres pour faire la réaction, un souper aussi animé que l’avait été le dîner, une soirée gaiement passée sur les rochers en vue du port, où, à la clarté de la lune, on distinguait les formes vagues des navires, et la seconde journée de campement se termina pour Rose comme un beau rêve.

Avant d’aller se coucher, elle s’approcha du chef du clan.

« Archie, lui dit-elle à voix basse, est-ce une illusion de ma part ? J’ai ouï dire que vous alliez demain au manoir pour chercher du lait et je ne sais plus quoi encore.

— Vous ne vous trompez pas, cousine, nous partirons de grand matin, Charlie et moi, afin d’être plus vite revenus.

— Laissez-moi aller avec vous, je vous en prie, s’écria Rose. Vous savez que l’oncle Alec m’a, pour ainsi dire, enlevée de force, et j’ai une affaire importante à arranger là-bas.

— Tant que vous voudrez, ma cousine, Charlie sera aussi charmé que moi de vous avoir pour compagne.