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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/132

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— Merci, Phœbé.

— Rose, demanda le docteur, avez-vous déjà visité un phare ?

— Non, mon oncle.

— Alors nous allons commencer par là. »

La visite dura longtemps, plus peut-être qu’elle n’eût duré un autre jour ; mais c’était si curieux que Rose ne trouva pas le temps long. Elle ne songea même pas à s’étonner de ce que son oncle se servait si fréquemment de son télescope, qu’il promenait alternativement sur le rivage et sur la pleine mer.

Il était midi passé lorsque les voyageurs débarquèrent dans l’Île des Campbell. Rose mourait de faim. Assise sur l’herbe au pied d’un grand et gros pommier, elle mordait dans les sandwiches avec un appétit qui ravissait le docteur.

« Qu’il fait bon ici ! s’écria-t-elle. Il n’y manque que mes cousins ! Ah ! mais j’y pense, c’est aujourd’hui, 2 juillet, que commencent leurs vacances. Quel dommage que nous ne leur ayons pas dit de venir avec nous !

— Il est trop tard, répondit son oncle sans s’émouvoir, ce sera pour la prochaine fois. »

Le repas continua tranquillement.

« C’est singulier, fit Rose tout à coup, on dirait une odeur de friture ! Sentez-vous, mon oncle ?

— Oui, vraiment. Qui donc se permet de venir pêcher dans notre île et d’y manger notre poisson à notre nez ? Personne n’a le droit d’aborder ici sans notre permission. Allons châtier ces intrus. »