Ouvrir le menu principal

Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/98

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
90
MYSTÈRES

gros comme un petit agneau. « Auguste, dit une voix qui sort d’un lit voisin, vois-tu, le chat du concierge du collége qui se promène ici ; tiens, regarde donc, comme il se roule sur le carreau. — Chut ! parle bas, autrement tu réveillerais le pion, et l’affaire serait manquée. — Quelle affaire ? — Ah ! tu ne sais donc rien. — Mais non. — Eh bien, tant mieux, la farce qu’on n’attend pas fait bien plus rire. — Tiens, tiens, comme le matou file par là-bas. — C’est vrai, je ne le vois presque plus.

— Dis donc, Firmin, voilà le chat qui arrive ; Laurent qui occupe le premier lit là-bas l’a lâché juste à l’heure convenue. — Le pion dort ; entends-tu son nez qui joue de la guimbarde. — Oui, mais voilà le matou qui arrive près de son lit, la fameuse poudre l’attire… Oh ! l’apothicaire ne m’avait pas trompé. Bon, le voilà qui miaule… Il se roule… il miaule plus fort. — Alexandre, Alexandre, vois donc un peu le chat qui veut monter sur le pied du lit du pion. — Diable, où veut-il en venir ? — Comment, tu ne sais pas ? la fameuse poudre… — Non, on ne m’a rien dit à moi. — Oh, bon ! voilà le pion qui se retourne, et l’affaire sera manquée. — Oh ! il retape de l’œil, la journée l’a fatigué. — Mais vois donc comme le chat s’actionne… Dieu me pardonne, il a débordé le lit du pion de ce côté-ci. Encore un instant, et la bombe va éclater. » En effet, le chat est parvenu à entrer dans le lit, et il se roule voluptueusement dans les draps, en miaulant plaintivement ; le pion se réveille en sur-