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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/84

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MYSTÈRE

Lucullus, vous le savez, avait différents salons qui portaient chacun le nom d’une divinité, et il lui suffisait d’indiquer celui où il voulait recevoir son monde pour être compris de son cuisinier en chef. C’est ainsi que, pris à l’improviste par un grand orateur et un grand capitaine, Cicéron et Pompée, il indiqua le salon d’Apollon. Soudain tout fut mis en œuvre, et un repas qui ne coûta pas moins de 25, 000 fr. fut offert aux deux grands hommes qui, selon toutes les probabilités, ont bu autre chose que de l’abondance.

Nous pourrions en dire bien davantage et sur la Grèce et sur Rome ; nous pourrions vous raconter les fameux repas des élégants Athéniens ; nous pourrions vous dire que le fameux Caligula ne donnait à son cheval Incitatus que de l’orge dorée ; qu’il lui faisait faire des libations de vin dans une coupe d’or, après avoir pris lui-même un avant-goût du parfumé breuvage.

« Eh bien ! vous écriez-vous en nous lisant, tout cela nous fait une belle jambe et métamorphose d’une singulière façon notre abondance en Falerne, ce vin dont Horace nous fait venir l’eau à la bouche rien qu’en en parlant. »

Eh bien ! c’est justement où nous en voulions venir. Quoi vous, collégiens, les interprètes des grands écrivains grecs et romains, vous êtes condamnés au bœuf… nous voulions dire le plus souvent à la vache, ou autrement, dit en terme de boucherie, à la maman, et, pour varier, au taureau, ou autrement dit encore au papa. Ah ! c’est que voyez-vous, les