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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/60

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MYSTÈRES

drôle, très-original ; mais cela nous apprend qu’il ne faut jamais dire au peuple que des mots qu’il comprend parfaitement ; autrement… — Tiens, mais c’est vrai, s’écrièrent-ils tous, Xavier a raison. » Et l’un d’eux ajouta : « Ma foi, nous n’avons pas perdu notre temps ; nous avons ri comme des bienheureux et nous nous sommes instruits… comme on ne nous instruit pas toujours dans la classe. »

À l’exemple des grands, les petits aussi causent entre eux. Nous en voyons qui se tiennent par-dessous le bras et qui jouent presque à l’homme.

Tout en marchant ensemble, l’un d’eux, Eugène, dit à ses camarades : « Il n’y a rien de drôle comme les grands-papas. Un jour je dis au mien : J’ai eu beaucoup de bons points au collège, donne-moi quelque chose. — Volontiers ; mais quoi ? des livres ? — Non ; nous avons ceux du collège, et c’est assez. — Eh bien, que veux-tu ? — Une paire de bottes, que je mettrai ici en place de nos vilains souliers de collège. — Comment, des bottes ! me dit mon grand-papa ; puis se tournant vers plusieurs personnes qui étaient là : Voilà les fruits de notre époque, oui, de notre époque, où l’on voit des enfants hauts comme ça… oui, des enfants hauts comme ça qui ont fait leur première communion et qui vont en omnibus tout seuls !

— Mais enfin te donna-t-il la paire de bottes ? — Non… mais à ma sortie suivante je la trouvai toute prête ; ma bonne petite mère me l’avait fait faire en cachette… aussi je