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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/50

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MYSTÈRES DU COLLÈGE.

Le jeune Constant ne rêve que dessins, charges, caricatures. Il en fait sur toutes les marges de ses cahiers, sur les murs, voire même dans la paume de sa main, et cela avec une incroyable promptitude. Un jour qu’un pion s’était échauffé à faire de la morale à ses élèves, il choisit le moment où il était le plus animé, et crac ! en un clin d’œil, il lui fait en plein sur le dos la charge de M. l’économe du collège. On s’en aperçoit aussitôt, et le rire ne peut être contenu. Pour compléter cette scène, un audacieux crie : « Monsieur, vous ne pourrez savoir pourquoi l’ordre a été troublé qu’en ôtant votre habit. » Explosion générale ! On avertit monsieur l’économe, mais on assure qu’il adore les bonnes charges ; puis il avait donné la veille des haricots qui n’étaient pas cuits et des navets à l’état de bois de réglisse, moins le sucre de ce dernier, et l’on rapporte qu’il fut indulgent. Nous l’avons dit et le répétons :

L’écolier né malin, ne rêve… que malice.

Là nous bornerons nos récits sur les classes.

Nous n’avons pas, cependant, la prétention de croire qu’il n’y a plus rien à dire sur ce point-là ; chaque jour amène en quelque sorte son petit événement, son aventure, de nouvelles malices et espiègleries ; le dictionnaire des ruses du collégien n’est jamais fini ; il y travaille sans cesse, le pion dût-il de dépit en avoir la jaunisse depuis le 1er janvier jusqu’à la Saint-Sylvestre, qui est… le 31 décembre.