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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/28

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MYSTÈRES

gien, avec toute sa famille, fait cette bonne et dernière partie qui précède la rentrée.

On va faire ses adieux à tous ses bons parents, on va visiter celui-ci, on va visiter celui-là.

« Allons, dépêche-toi donc, dit Édouard à sa sœur Estelle ; c’est ma dernière journée, tu le vois bien, nous n’avons pas de temps à perdre.

— Me voilà, me voilà, ne t’impatiente pas, la femme de chambre de maman me met mon chapeau… là… c’est fini. me voilà… es-tu content ? »

Et en disant ces mots, elle lui prend le bras avec cette vivacité, cet enjouement, cette grâce toute particulière chez une jeune fille élevée avec soin et délicatesse.

Le père, la canne en main, regarde et n’est pas assurément le moins heureux… Il oublie que c’est le dernier jour.

La jeune Estelle, de contentement, saute au cou de son père, puis, retournant à son frère, elle s’écrie, donnant un dernier coup d’œil à son ajustement : « Là… nous voilà. »

La mère, moitié gaie, moitié triste, donne quelques ordres avant de partir, « Madeleine, dit-elle à sa grosse cuisinière, n’oubliez pas tout ce que je vous ai recommandé. Vous savez, comme je vous l’ai dit, que nous avons du monde aujourd’hui. — Apportez à notre diner tous les soins possibles. Soignez bien votre filet, vos volailles ; faites en sorte que vos crèmes ne soient pas manquées. »