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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/26

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MYSTÈRES

poir, qui menait son fils au spectacle, et qui, en voyant son âme s’animer, s’élever, s’agrandir aux vers du grand Corneille, ne se tenait pas d’aise !

Adieu les soins plus que doux, plus qu’attendrissants d’une bonne mère, qui comptait les jours pendant lesquels elle devait posséder son fils, son enfant chéri ; qui vivait de sa vie, qui voudrait prendre sur ses jours pour ajouter à ceux de son enfant !

Toutes ces joies sont, je l’espère, plus que suffisantes pour faire goûter les vacances. Et pourtant il serait difficile de dire quels sont les plus heureux ou des parents ou des enfants.

Que le jeune homme qui a le cœur bien placé, qui dès sa naissance a été témoin de la tendre sollicitude de son père et de sa mère pour lui, doit apprécier tant d’amour !

Comme il doit regretter la jolie petite chambre que sa mère lui avait fait arranger, la jolie descente de lit en tapisserie que sa sœur lui avait faite ! Comme il se dorlotait, se prélassait dans le bon et moelleux lit que sa mère, longtemps à l’avance, lui avait fait préparer ! comme il dormait bien et surtout sans soucis des pensums, des retenues et du vilain cachot !

Le matin il n’était réveillé que par les pas de sa mère, qui venait doucement, tout doucement sur la pointe des pieds, entr’ouvrir ses rideaux, et qui disait à son mari, resté à quelques pas d’elle : Chut ! il n’a pas encore les yeux ouverts…