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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/150

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s’occupait de vers au lieu de grec il se fâchait. Casimir Delavigne se trouvait dans ce cas. Un jour, le maître de pension le prend sur le fait, lui tire vivement son papier de ses mains, et y lit ces deux vers :

            Les rides ont écrit, sur son front maigre et sec,
            Qu’on ne s’engraisse pas à se nourrir de grec.

Le peintre, comme précocité, marche à côté du poëte ; on le voit, au collège, faisant en marge de ses cahiers la charge du pion, et, nous le disons tout bas, quelquefois celle du professeur. Le musicien suit de près le poëte et le peintre.

Viennent ensuite les mathématiciens, les avocats, les médecins, les militaires.

C’est un spectacle curieux de voir tous ces génies en herbe en contact les uns avec les autres. Le poëte dit au mathématicien : « Arrière, lèse poésie ! ta tête, va, n’est qu’une boule de glace. — Veux-tu bien te taire, rimailleur, compteur de syllabes !… Mais les plus beaux vers d’un poëte ne sont la plupart du temps que des cache-sottises ! — Tiens, tu devrais faire des poésies domestiques, et ajouter : Par un animal privé ; ça serait nouveau. — Quoi ! parler ainsi de l’art le plus sublime qui existe, de cette divine poésie, qui passe par le cœur avant d’arriver à la bouche ! — Eh ! qu’est un poëte à côté du grand Newton ? Rien. — Ainsi, Homère n’est rien. Eh bien, moi je dis qu’il est tout ; écoute, écoute un peu ça, mon homme :