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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/146

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sible qu’on mette les écrits de pareils scélérats entre les mains de la jeunesse ! » Le collégien Barthélémy, qui, jusque-là, s’était contenu, pousse tout d’un coup un éclat de rire inexplicable pour le père Roger. « Quoi ! reprend-il, n’êtes-vous pas démon avis ? — Si, si, parbleu ! répond Barthélémy, qui voulait l’encourager à continuer. Faut convenir, continue le père Roger, qu’il y a parfois de drôles de choses dans cette histoire romaine… Qu’est-ce que vous pensez de Romulus et de Rémus, son frère ? Moi, je trouve ça tout drôle et pas clair du tout. — Mais, père Roger, lui répond Barthélémy, ça ne me paraît pas trouble à moi ; Romulus trace un sillon et dit à Rémus : « Tu ne dépasseras pas cela. — Convenu, lui répond celui-ci. » Rémus ne tient pas sa parole ; Romulus ne fait ni une ni deux, il couche en joue son frère et le tue roide d’un coup d’escopette. — Voyez-vous le traître ! l’assassin ! Oh ! je suis sûr qu’il était né en Espagne et que c’est pour ça qu’il a choisi une escopette, une arme espagnole pour tuer son frère. — Justement ! lui répond Barthélémy, c’est ce que j’allais vous dire. — Ah ! pendant que je vous tiens, mettez-moi donc à même de répondre à un certain beau parleur qui me soutenait, l’autre jour, qu’Andromaque n’avait jamais existé. — Comment ! on vous a dit ça, père Roger ? — Oui. — Eh bien ! dites à cet ignorant-là que l’existence d’Andromaque est plus que prouvée ; que ce vieux général romain adorait sa femme Hector, et que le peuple, en récompense de ses vertus domes-