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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/135

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DU COLLÉGE.


XIII


LA PROMENADE

Pour le collégien, la promenade est la récréation en plein champ. Là, il oublie, pour quelques heures, tout l’attirail classique ; le proviseur, les professeurs, le censeur, et même M. l’économe et ses haricots lui sortent de la tête ; une douce illusion s’empare de son esprit, il foule un sol libre, un sol enfin qui n’est pas celui du collège. Mais la promenade du collégien a son point noir, son nuage : c’est le pion, le pion que nous retrouvons partout.

Il fait un temps admirable. Nous sommes en plein mois de mai. La nature enfante ses merveilles ; les bois ont retrouvé leurs ombrages, les oiseaux, par mille chants, en témoignent leur joie, les fleurs embaument l’air de leurs parfums, et les papillons caressent les roses. Le collégien fait donc ses préparatifs ; son mobilier, c’est-à-dire la toupie, le cerceau et les billes, le filet, etc., voire même la cigarette pour les grands, sont mis en poche et l’on part. Quelques instants ont suffi pour franchir les barrières, et le collégien est en pleine cam-