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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/108

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MYSTÈRES

chien de fusil, pour avoir un peu de chaleur. — C’est vrai, dit Armand, et arrangeons-nous pour que nous sachions chacun à notre tour ce que valent quelques heures passées sous cet édredon. — C’est juste, ajouta Albert, soyons pendant quelques heures aussi heureux mortels que lui. Tenez, messieurs, pas plus tard que cette nuit, moi je commence. Quand notre homme sera bien endormi, je me lève, et, léger comme ces jolis papillons qu’à l’aide de mon filet j’attrape dans nos promenades, je vole jusqu’à son lit, je reviens avec l’édredon dans mes bras, et, ivre de joie, je le pose sur mon lit et me recouche. Le matin un peu avant le jour, je lui remets son édredon. »

L’exécution suivit le projet. Notre pion, qui avait le sommeil un peu dur, ne s’aperçut de rien. Chaque collégien du dortoir put goûter ainsi la douceur de le posséder quelques heures. Mais combien n’était-on pas heureux quand on entendait le pion dire à ses confrères : « Rien ne vaut un édredon pour l’hiver ; faites cette acquisition aussitôt que vous le pourrez. Sachez bien que l’air, quelque vif qu’il soit, ne peut traverser un édredon, et qu’avec cette invention digne des dieux, la chaleur que nous donnons au lit ne peut en sortir. »