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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/104

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MYSTÈRES

perruque ! Malédiction ! ! ! Enfer ! ! ! Ma foi, je risque le bonnet de coton, et je dirai que j’ai attrapé un affreux mal d’oreilles en donnant des soins à un élève tombé malade au milieu de la nuit. Ce qui fut dit fut fait. Il descend avec tout le dortoir au milieu des bouffées de rire. Il traverse la cour et se rend ainsi affublé chez le proviseur. Celui-ci n’y tient pas et se doute qu’il y a là-dessous quelque tour de Jarnac.

À la première récréation notre conspirateur, tout joyeux de son succès, rassemble ses camarades et leur dit : « Eh bien, messieurs, qu’en pensez-vous ? — Oh ! c’est sublime, dit l’un. — Tu mérites un brevet et une couronne, dit un autre. — Eh bien, messieurs, ce n’est pas fini ; il reste encore la perruque, que faut-il en faire ? Si nous la rendions, hein ! qu’en pensez-vous ? — Oui, mais le moyen ? — Le moyen, il est trouvé. Un externe m’a donné ce matin l’adresse du coiffeur de notre décoiffé, monsieur Saladin, rue de la Harpe, et il s’est chargé de la lui faire remettre en lui faisant dire que c’est de la part de monsieur *** » Les bravos éclatent de toutes parts ; le collégien est entouré, félicité ; rien ne manque à sa gloire, à son triomphe ; il règne dans tout le groupe cette inextinguible gaieté, cet entraînement que la verve et le naturel peuvent seuls produire. Enfin, entre deux éclats de rire, l’orateur reprend : « Vous comprenez, messieurs, que notre pion ne peut se passer de perruque, et que son premier soin sera d’en aller commander une autre à son