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son camp et à venir avec son armée s’établir dans les palais situés sur le rivage du détroit pour éviter les rigueurs de la neige et de l'hiver que les pluies annonçaient déjà, et afin que les tentes du camp ne fussent pas trempées et ensuite entièrement détruites par l’humidité. Le duc et les principaux de l’armée se rendirent enfin aux volontés de l'empereur ; on replia les tentes, et ils allèrent avec toute l’armée des Chrétiens, se loger dans les palais et dans les maisons garnies de tours qui se prolongent sur Je rivage et sur un espace de trente milles de longueur. Depuis ce jour, ils trouvèrent et purent acheter, en vertu des ordres de l’empereur, des vivres en abondance aussi bien que toutes les choses dont ils avaient besoin. Peu de temps après, un nouveau message fut apporté au duc, de la part [...] l’empereur, pour rengager à se rendre auprès de lui et à venir prendre connaissance de ses intentions. Mais le duc, prévenu par des étrangers, habitans de la ville des artifices de ce souverain, refusa absolument de se rendre auprès de lui, et lui envoya pour députés des hommes illustres, Conon, comte de Montaigu, Baudouin du Bourg et Godefroi de Hache, qui furent chargés de présenter ses excuses et de parler en ces termes : "Godefroi, duc, à l'empereur, fidélité et soumission ! J’irais volontiers et selon vos désirs auprès de vous ; j’admirerais les pompes et les richesses de votre palais ; mais j’ai été enrayé par les mauvais bruits qui sont parvenus à mes oreilles sur-vôtre compte. J’ignore si c’est par jalousie ou par haine que de pareils bruits ont été inventés et répandus." L’empereur ayant entendu ces paroles, s’excusa fort longue-