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HISTOIRE DES CROISADES ; LIV. IV. 257

trèrent par hasard le corps où étaient le comte Renaud,
Pierre de Stenay, Gautier de Drommedard, Henri de
Hache, Renaud d’Ammersbach chevalier illustre, et
Garnier de Gray. Aussitôt, et pour leur susciter un
obstacle les Turcs renversèrent des marmites remplies
de feu sur le terrain que les Chrétiens avaient a
traverser pour aller se réunir à leurs frères le feu se
communiquant à l’instant aux herbes et aux feuilles
sèches des buissons, s’étendit et s’éleva rapidement,
et la fumée enlevée par les vents se forma en nuage
épais, qui, poussé vers les fidèles, les enveloppa seuls
et les empêcha de rien voir devant eux.
Les Turcs satisfaits de leur artifice et se portant
sur les derrières des Chrétiens, que le nuage dont ils
étaient entourés tenait éloignés de leurs frères, les
massacraient ou les perçaient à coups de flèches ceux
des .Chrétiens qui étaient à cheval purent seuls échapper
par une fuite rapide, non cependant sans être
atteints par des flèches ; trois cents hommes de pied
furent tués et d’autres retenus prisonniers. Karajeth,
Turc de la ville de Cazan voyant que Soliman avait
réussi à détruire le corps de Renaud, de Pierre, de
Garnier et des autres, pressa sa marche avec plus
d’assurance et, faisant un détour, descendit de la
montagne, avec le prince de Damas, vers la ville et le
fleuve du Fer. Brodoan, de la ville d’Alep s’approcha
en même temps pour aider à cerner le corps de Boé-
mond, qui était le dernier et le plus fort, et tout
composé d’hommes de pied et de Français les Turcs
l’attaquèrent en grand nombre et à coups de flèches
pour essayer de le rompre et de le disperser. Écrasés
par la supériorité du nombre et entourés d’hommes