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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/96

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les drames du nouveau-monde



doyantes ornées de panaches bancs ; partout l’eau glacée, unie, transparente comme l’air, au fond de laquelle le regard découvrait le grain de sable, l’insecte, le brin de mousse à des profondeurs effrayantes.

Ce désert était un nouveau monde… le Monde des eaux ! plein de terreurs, de piéges mortels, des monstres inconnus.

Oonomoo poursuivit sa course rapide, environ l’espace d’un demi-mille dans ce désert aquatique, et arriva ainsi dans les limites de ce marécage. Plus loin apparaissait un territoire entièrement semblable, séparé du premier par une langue de terre que couvrait un impénétrable rideau d’arbres.

Derrière cet abri de verdure s’ouvrait une perspective immense, dont le premier plan était formé par un lac aux rives découvertes.

L’Indien avança jusque-là et sonda l’espace dans toutes les directions : pas un être vivant n’apparaissait dans l’air, sur la terre ou sur l’eau. Satisfait de ce premier examen, il cacha son fusil dans le creux de l’arbre, s’approcha du bord en rampant, et se glissant dans l’eau sans bruit, plongea jusqu’au fond.