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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/90

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les drames du nouveau-monde



du bois : là, ils se concertaient et examinaient déjà les alentours avec des yeux soupçonneux. S’ils eussent été moins occupés de leurs recherches, ils auraient bien plutôt commencé à se mettre en chasse pour découvrir les deux voyageurs.

Canfield se vit perdu avec le pauvre Caton ; encore quelques minutes et la meute sauvage était a ses trousses.

— Que faire, Caton ? murmura-t-il ; heureusement il va faire nuit, ils ne pourront pas nous suivre facilement.

— Il faut sauter sur le cheval et le lancer au galop, répondit le nègre terrifié.

— Non, cela ne vaut rien : une balle ou une flèche seraient plus rapides que nous. Gagnons le fourré en rampant. Hop ! — Ah ! qu’est-ce encore ?…

Un coup de feu venait de cingler l’air ; les Shawnees, avec une sourde exclamation, firent volte face et coururent agilement dans la direction de la détonation.

Bientôt ils eurent disparu, laissant la bonne voie pour suivre une fausse piste. Canfield et Caton restèrent néanmoins dans leur abri, attendant quelle serait l’issue de cette diversion mystérieuse et inattendue.