Ouvrir le menu principal

Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/9

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
9
rayon-de-soleil

Aussitôt une étincelle se ralluma dans les yeux des deux petits vauriens : au travers de leurs longs cheveux épars ils lancèrent un regard à leur mère ; celle-ci ne faisait pas la moindre attention à eux. Rassuré de ce côté, l’aîné saisit son frère, le souleva dans ses bras, et le jeta à la renverse sur la grosse bedaine paternelle.

Cette manœuvre irrespectueuse amena une explosion. Mais déjà les deux coupables avaient fui dans le coin le plus éloigné, avec le soin d’interposer leur mère entre eux et le danger.

— Tonnerre et éclairs ! gronda Vanderbum ; vous êtes de la racaille indienne, petits gueux ! Pourquoi troubler ainsi votre pauvre papa qui use son existence pour vous soigner ? Je vous pilerai en atomes si ça continue !

Le malheureux Hollandais avait le système nerveux trop faible pour supporter cette dernière épreuve : sentant qu’il ne pourrait plus se rendormir, il se leva, foudroya du regard ses deux héritiers présomptifs, et leur adressa une harangue.

— Quanonshet ! petite peste Hollandaise ! et vous Madokawandock ! monstre Indien ! à quoi pensez-vous, scélérats ? quand vous tour-