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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/89

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un rôdeur laissait la peau du bout de ses doigts à quelque morceau de fer dont il n’avait pas soupçonné la chaleur perfide. D’autres s’asseyaient sur des débris de charpente et bondissaient soudain, poursuivis par les flammes qui envahissaient leurs vêtements. Plusieurs enfonçant leurs pieds dans les cendres se trouvaient fort pressés d’en sortir, et exécutaient leur retraite avec des contorsions si bizarres que le lieutenant Canfield et Caton ne pouvaient s’empêcher d’en rire.

Caton surtout, se tordait, étouffant à grand’peine l’expansion de son hilarité qu’il aurait été fort dangereux de laisser entendre.

Tout à coup il cessa de rire, et crispa avec inquiétude sa main sur l’épaule de Canfield.

— Regardez là ! regardez ! les voyez-vous ? murmura-t-il à son oreille.

— Je ne vois rien d’inquiétant.

— Regardez donc là, dans la clairière ; ces indiens qui examinent quelque chose !

Canfield s’aperçut enfin d’une circonstance inquiétante : les huit indiens avaient tout quitté pour suivre les traces des deux fugitifs, qui malheureusement étaient fort apparentes sur la lisière