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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/88

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les drames du nouveau-monde

— Yah ! yah ! ce garçon là va faire quelque chose de fameux ! dit Caton avec un rire silencieux, en voyant un indien tirer à lui une longue planche qui paraissait fort lui convenir.

Le Shawnee, après l’avoir balancée un instant en l’air, la chargea sur son épaule et s’en alla rapidement. Mais à peine eut-il fait quelques pas qu’il sauta en l’air avec un cri de douleur, lança au loin son fardeau, et se frotta l’épaule avec colère.

— Yah ! yah ! je m’en doutais, continua Caton toujours riant plus fort ; tout le dessous de la planche était brûlant, çà lui a chatouillé l’épiderme.

Les autres Indiens continuèrent de danser et d’explorer les ruines sans faire la moindre attention à leur camarade : celui-ci, de son côté, par orgueil, ne voulut pas laisser échapper un signe de souffrance, et s’efforça de paraître plus gai et plus dispos que jamais.

Cependant, leurs évolutions autour du brasier demi-éteint ne furent pas exemptes de quelques autres petits désagréments : tantôt un danseur se piquait en marchant sur un clou rougi ou sur un charbon qui brûlait son mocassin ; tantôt