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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/78

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les drames du nouveau-monde



n’auraient rien gagné, car elle aime trop le lieutenant : yah ! yah ! yah !

Et Caton se mit à sauter en levant les genoux jusqu’au menton, et en riant de tout son cœur. Le jeune homme se détourna pour cacher son émotion, et demanda encore :

— M’as-tu dit à quel moment tu as fait ce beau monument qui ressemble à un œuf ?

— Il me semble que oui. J’ai fabriqué cet abri le matin, après le départ des sauvages. Il fallait bien quelque chose pour couvrir ma tête.

— Rien n’a été sauvé ? demanda Canfield en promenant ses regards autour de lui.

— Rien, excepté ce pauvre nègre Caton. Et que vais-je devenir à présent qu’il n’y a plus d’habitation ?

— Ne t’inquiète pas de cela : tu auras toujours un asile. La famille Prescott est saine et sauve heureusement. Pendant notre vie tu ne connaîtras jamais le besoin.

— Mais, la maison a disparu, — les chevaux aussi, — les provisions aussi, — tout, excepté moi.

Canfield réfléchit pendant quelques instants et demanda ensuite :