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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/77

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— Ghi-y-i vous ne vous en doutez pas, hein ? fit Caton avec une malicieuse grimace.

— Comment veux-tu que je le sache ? Puis-je le deviner ?

— Eh bien ! Oonomoo, cet Indien rouge lui avait annoncé que peut-être vous viendriez un de ces jours : elle se serait bien gardée de s’en aller. Voilà comment elle était, oui.

Le jeune homme se sentit le cœur serré à la fois de douleur et de joie en écoutant ce récit naïf qui lui retraçait si bien l’affectueuse fidélité de la jeune fille. Malgré sa consternation et son chagrin au milieu de cette catastrophe, il éprouva un triste plaisir à recueillir précieusement les paroles du nègre, et ne put résister au désir de le faire causer encore.

— Mais, dis-moi Caton, comment sais-tu qu’elle était restée pour ce motif ?

— Ciel ! Bon Dieu ! n’ai-je pas entendu quand elle en a parlé ?

— À qui ? à sa mère ? et que lui a-t-on répondu ?

— Oh ! mistress et miss Hélène ont ri un bon coup ! elles ont montré toutes leurs dents blanches ; mais elles n’ont pas même essayé de l’engager à venir ; elles savaient bien qu’elles