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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/59

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facile de s’échapper en plongeant dans la rivière : mais l’occasion se présentant de lutter de ruse avec ses ennemis, il fut bien aise de la saisir.

Rampant de façon à remonter le courant, il s’éloigna du canot, puis se glissa dans l’eau sans faire aucun bruit, sans même en rider la surface. La rive du Miami était tellement boisée et tapissée de broussailles, qu’un nageur rasant le bord ne pouvait être vu, si ce n’est du rivage opposé.

Oonomoo pouvait donc rester parfaitement invisible et aborder son canot par-dessous. Il voulait l’attirer insensiblement à lui et le faire descendre à l’eau, comme si, peu à peu, son propre poids l’eût entraîné.

L’entreprise était longue et terriblement délicate. Le froissement d’une branche, le plus léger clapotement de l’eau pouvaient le trahir.

Mais Oonomoo aimait l’impossible. Il se mit à l’œuvre avec un silencieux sourire ; ne s’arrêtant, parfois, que pour épier l’ennemi.

Pendant ce temps, les Shawnees guettaient avec une finesse et une patience félines. Le hasard leur avait fait découvrir le canot ; au premier regard ils avaient reconnu qu’il n’apparte-