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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/46

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les drames du nouveau-monde

— Eh bien ! quoi ? riposta l’aigre ménagère ; vous dites que vous avez besoin de vous réchauffer, et je vois couler la sueur sur votre front, comme la graisse sur un porc qui rôtit.

Le fait est que le malheureux Hollandais s’essuyait le visage au moment même où il parlait de se réchauffer… On ne peut penser à tout.

— Ah ! c’est vrai… répondit-il avec humilité, je voulais dire… que… je n’ai pas faim, et que j’ai besoin d’un petit tour de promenade pour exciter mon estomac.

En même temps il fit deux pas vers la porte. Hélas ! il n’alla pas plus loin ; sa redoutable épouse jeta sur son épaule une main noire et crochue qui s’enfonça dans la manche et peut-être aussi dans le lard du fugitif ; puis elle le ramena d’autorité à sa place.

— Mais ma bonne amie…

— Asseyez-vous et mangez !

— Je voudrais…

— Je ne veux pas !

— Mon aimable Keewaygooshturkumkankingewock…

— Taisez-vous !

— Avec plaisir… je ne dis plus rien… et je