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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/43

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point, n’est-ce pas ? dit la pauvre enfant dont les yeux se remplirent de larmes.

Il pleurait aussi, le brave Vanderbum ! mais il se serait bien gardé de l’avouer. Il se fourra les poings dans les yeux en grommelant contre cette fumée de malheur qui obscurcissait la vue. Mais il ne tarda pas à reprendre son aplomb et répondit avec un soupir de taureau :

— Ah ! mais non ! je ne vous abandonnerai pas ; n’ayez pas peur ! Ils ne vous feront aucun mal, j’en réponds, d’ici à un jour ou deux. Peut-être bien, ensuite, qu’ils penseront à vous brûler ; mais alors Oonomoo sera averti et nous serons là. Mais il faut que j’aille retrouver le Huron, voilà longtemps que je l’ai quitté.

— Dites-lui que me voilà courageuse et pleine d’espoir.

— Rien autre ?… rien de plus ?… demanda Vanderbum avec insistance.

— Non, je ne vois plus rien à dire : il n’a certainement pas besoin de recevoir de moi des conseils.

— Alors donc… rien pour le lieutenant Canlield… hein ?…

— Dites à Oonomoo, répondit la jeune fille en