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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/192

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les drames du nouveau-monde



l’affreuse réalité, d’autant moins qu’elle était accoutumée à croire les Indiens amis des blancs.

— En tous cas, reprit la jeune fille avec un soupir de satisfaction, nous allons bientôt les consoler : mais, mon père, il doit aussi être dans des transes horribles ; comment le rassurer ?

— Il n’est pas impossible que nous le trouvions réuni à toute votre famille ; quand je l’ai quitté, on parlait d’une excursion sur le territoire que vous habitiez.

— Quelle a dû être son affliction en voyant notre demeure détruite !

— Tout cela n’est rien, auprès du sort de sa fille chérie !

— Et nos pauvres serviteurs ! oh ! quel horrible spectacle de les avoir vus tomber sous le tomahawk en criant merci !

— Caton m’a parlé de ce désastre ; il m’a dit aussi le généreux courage avec lequel vous demandiez grâce pour les victimes, sans songer que votre propre existence était en péril.

— Je ne faisais que remplir un devoir, hélas ! malgré mon impuissance ; deux pauvres créatures seules ont échappé à ce désastre, grâce à la Providence, c’est moi et ce timide Caton.